
J'en connais, de ces types qui affirment avec conviction que la chasse est un loisir sportif qui n'est pas plus dangereux que n'importe quel autre loisir de plein air (équitation, planche à voile...), que partout, il y a également des pépins, des drames...
Prenons-en acte pour une fois.
Et livrons-nous à un petit exercice.
L'accident que je vais te relater est intervenu hier, samedi 31 octobre, du côté de Clamecy, à Moux-en-Morvan précisément.
Comme je suis facétieux, j'ai placé deux mots qui n'ont rien à voir en réalité avec ce fait divers. Ajoutent-ils de la crédibilité au texte ?
Et d'abord, sauras-tu les retrouver ? Je te préviens de suite, ce n'est très facile...
Bois de Simplex. Il est 16 heures. Après l'effort, le réconfort. Il faut dire que la journée a été longue et fatiguante. Ils en ont fait des kilomètres, soufflant parfois. Pour certains, les plus âgés, c'était même ardu.
A proximité des véhicules, coffres ouverts, tout en se changeant, ils échangeaient leurs impressions sur la splendeur du massif forestier. Le Morvan, en automne, c'est quand même quelque chose...
Et soudain, l'accident !
Alors que l'un d'entre eux manipulait ses jumelles pour les ranger, l'étui toucha un collègue en pleine tête.
Il mourut.
Il avait 65 ans.

Les mois d'octobre sont meurtriers.
Lui, 72 balais, il n'a pas attendu la Toussaint, voire le jour des Défunts, pour sortir rapidement de son existence.
Nous sommes tous condamnés à vivre par contumace. Certains plus que d'autres.
Samedi 31 octobre, à Brignoles (Var), il était parti chasser tôt le matin.
Mais l'imprudence associée à une occupation futile, conne et cruelle, a fait équitablement son boulot.
Il s'est tiré une bastos dans le baquet. On a retrouvé son corps vers les 20 heures.
Il y a grand tort à aller trucider de malheureuses bestioles.
Eugène Delacroix disait que l'homme est un animal sociable qui déteste ses semblables. S'il n'y avait qu'eux !

Avec Super Lapin, c'est l'assurance tout risque; c'est comme un rasoir à deux lames; si tu rates ton coup la première fois, la deuxième lame fait quand même le turbin.
Super Lapin, il veille à pacifier les campagnes et à ce titre, quand il devine qu'il a affaire à des glandus de premier choix qui viennent exterminer de la bestiole, il se frise les moustaches.
La preuve.
Dimanche 25 octobre au matin, Villars-les-Dombes (Ain).
Concentrés (je l'ai écrit en un mot mais on peut, ça va sans dire, l'écrire en deux mots) sur leur tâche, à l'affût du petit gibier qui passait, nos compères (idem) viandards ne voyaient pas le temps passer.
Soudain, un lièvre traversa le champ de vision de l'un deux. Ce dernier épaula et tira.
Loupé. Raté. Foiré.
Déterminé, sûr de son adresse, il recommença.
Le deuxième coup fut le bon. Son obstination paya. Pas son adresse.
Son pote reçut la blédine aux plombs dans les cannes.
Le sexagénaire de pas grand chose fut transporté à l'hosto de Rillieux-la-Pape.

Bientôt, ça va tenir du gloussement de joie et du "Han !". Bouche pleine, ils vont grogner de plaisir. Une bouchée de cruauté par ci, une tartine de saloperie par là. Quel bonheur que de devoir ingurgiter du concentré de souffrance...
Fêtes ou pas fêtes... Le malheur, c'est tous les jours ma bonne dame.
Tiens...Voilà un propos de Florence Burgat sur le foie gras. Tout est dit.
"Noël et le 1er de l’an ne sont-ils pas d’abord synonymes de «bonne chère», en particulier du sacro-saint foie gras sans lequel, semble-t-il, la fête serait triste ?
La France est le premier producteur (76%) et le premier consommateur (68%) de foie gras. Le Parlement a jugé bon d’ériger le foie gras en «patrimoine culturel et gastronomique protégé en France» (Art.L.645-27-1 du code rural), encourageant ainsi une demande déposée auprès de l’Unesco pour obtenir qu’elle classe la gastronomie française dans le "patrimoine immatériel de l'humanité"!
Comment choisir un bon foie gras ? Telle est la préoccupation qui balaye actuellement toutes les autres et occupe tous les esprits : silence, on mange du foie gras !
L’affaire est sérieuse, car c’est à cela que l’on juge votre capacité à «jouir des plaisirs de la vie», à «savoir ce qui est bon».
Mais pour en jouir tranquillement, mieux vaut ne pas en savoir trop long sur le processus qui transforme le foie malade en ce «mets délicieux», et plus généralement les animaux en viande.
Cette matière semble étrangère à l’individualité : la logique de la série prend le pas sur celle du propre, aucune biographie ne précède ce devenir-viande des animaux, de sorte que nous n’avons aucun imaginaire de ceux dont la chair équarrie nous est donnée à manger : du poulet, du veau, du porc…
Nés pour cela, leur identité est celle de la chair à l’étal. N’en faisons pas une histoire, à tous les sens du terme. L’habitude de voir ces pièces plus ou moins informes est entrée dans la banalité de notre paysage.
Aucune violence ne se dégage de l'artifice des morceaux «dont la forme, l'aspect nous sont depuis longtemps assez familiers pour avoir acquis, à nos yeux, une autonomie, une réalité indépendante de l'ensemble dans lesquels ils étaient inclus. (...). La boucherie est un lieu d'innocence». (Pierre Gascar, Les Bouchers).
Comment voir ce que l’on ne voit plus, ce à propos de quoi aucun étonnement, aucune question, aucune inquiétude ne surviennent ?
Comment troubler le calme de la viande ? Certains étals le devraient pourtant, si l’on voulait bien les voir. Volaille, lapins, «gibier» ne sont-ils pas présentés de la manière la moins abstraite qui soit ? Oiseaux entiers, parfois partiellement plumés, lapins écorchés mais jamais décapités, carcasses ouvertes, exhibant dans une pornographie trop évidente, le plus intime du corps.
Faisans, lièvres, biches… alignés à l’état de cadavres non encore «préparés» par la main experte, flattant ainsi le goût de la traque (il s’agit en réalité d’animaux d’élevage et d’un abattage par balle pratiqué dans un enclos).
Les abats ne rappellent-ils pas sans détour l’individu : ce n’est plus à de la viande que l’on a affaire, mais à la tête, aux oreilles, à la langue de tel animal ?
Le particulier est bien là. Mais rien n’y fait : tout cela appartient à l’ordinaire de la perception, révélant un ordre où chaque chose semble à sa place, puisque chaque jour, de la viande remplace indéfiniment de la viande…
Particulièrement importuns sont donc ceux qui se mêlent de faire la lumière sur ces plaisirs dont il s’agit d’ignorer la fabrique. La promotion s’y emploie du reste à merveille : tout brille, tout pétille !
Tandis que de l’autre côté du miroir, quelque 90 millions de naissances de canards et d’oies sont nécessaires aux 45,7 millions de canetons mâles mis à l’accouvage. La moitié des oiseaux (les femelles) est éliminée à la naissance ; ils sont généralement jetés au broyeur, car bons à rien (la race n’a pas été sélectionnée pour la viande) : les femelles présentent en effet un foie trop veineux. 39 millions de canards sont gavés, et 34,5 y survivent et sont donc abattus pour la collecte de leur précieux foie hypertrophié.
On fait naître 710 000 oisons pour fabriquer le foie gras d’oie (chiffres 2007, source : rapport annuel du CIFOG, Centre Interprofessionnel des Palmipèdes à Foie Gras). Il y a ensuite la contention dans des batteries de cages, le geste réitéré à la pompe introduite jusqu’à l’estomac, blessant l’animal, pour y introduire d’énormes quantités de nourriture…
La vue du matériel que seuls les professionnels connaissent, nous fait peut-être mieux pénétrer cette réalité que les étals auxquels notre œil est accoutumé : la «gaveuse super» monovitesse, permettant de gaver 90 canards ou 70 oies par heure, «maniable, légère, sûre, grâce à sa commande par gâchette et à ses entonnoirs en matière plastique non agressifs», la plumeuse, l’extracteur de poumon, la broche perforante, le saignoir rotatif… Le gavage, qui dure une douzaine de jours, laisse les animaux haletants, exténués, atteints de maladies qui entraînent une mortalité environ six fois plus élevée que dans des conditions d’élevage ne comportant pas de gavage.
Le témoignage de gaveurs est aussi révélateur d'un malaise ressenti par les acteurs mêmes de cette industrie. Le gavage fait l’objet d’une contestation internationale : interdit dans des pays qui en étaient récemment producteurs comme l’Italie et Israël, il l’est de fait dans bien d’autres pays européens du simple fait qu’il est incompatible avec les textes de protection des animaux. En 2004, la Californie a décidé d’interdire la production et la consommation de foie gras (l’interdiction entrera en vigueur en 2012).
Une fête où l’on découvre derrière la fine porcelaine, le champagne millésimé, le bruissement des robes et les rires légers, les ateliers de gavage, les batteries de cages qui ne laissent que passer la tête des canards, les pompes hydrauliques qui s’enfoncent dans la gorge de millions d’oiseaux, les salles d’abattage…
Vous reprendrez bien encore un peu de foie gras ?"
Florence Burgat-Philosophe.

Drôle de façon de s'épiler les pattes. S'il veut faire pareil pour le maillot, il va couiner; et bonjour les rougeurs...
Samedi 18 octobre en fin d'après-midi, il n'était pas dans sa salle de bain avec la crème dépilatoire mais en forêt avec son fusil, du côté de Cours-La Ville (Rhône).
Un collègue viandard lui a aimablement arrosé la guibole de plombs. Charmante initiative mais il y a plus simple.

C'est comme le bac à litière des chats, il faut s'en occuper tous les jours. Je parle des bavures de la chasse bien entendu.
Au rythme où ces nazebroques se poivrent, si t'es pas vigilant, c'est vite la vérole sur le chantier.
Si ça continue comme ça, le taux maigrelet de renouvellement des effectifs des viandards va devenir négatif, un peu comme les taux de croissance en période de déflation.
Ce sera une excellente nouvelle, sachant que les animaux et les citoyens ne peuvent compter que sur le hasard et la maladresse remarquable des tueurs de l'aube pour se réguler eux-mêmes.
Alors j'ai quoi à te proposer aujourd'hui ?
Un chasseur qui a suivi exactement, comme un noeud, les consignes qu'il ne fallait pas suivre : faire feu alors qu'un camarade de jeu se trouve dans la ligne de mire.
Plus fort... Le chasseur a tiré en l'air !
Comment céti possible, tu vas demander ! La victime volait ? C'est Superman ?
En fait, l'artiste visait une palombe mais une partie des plombs est venue atterrir au passage sur le crâne du viandard (47 ans) qui se trouvait sur la même trajectoire.
L'aérodrome à mouches du type a été salement esquinté. Il est rapidement tombé (le chasseur, pas le crâne) dans le coma.
Aux dernières nouvelles, il serait entre la vie et la mort, au centre de neuro-chirurgie Gui-de-Chauliac.
C'est tout récent, ça date de lundi 19 octobre. C'était à Saint-Martin-de-Combes, pas très loin de Montpellier.

C'est comme le bac à litière des chats, il faut s'en occuper tous les jours. Je parle des bavures de la chasse bien entendu.
Au rythme où ces nazebroques se poivrent, si t'es pas vigilant, c'est vite la vérole sur le chantier.
Si ça continue comme ça, le taux maigrelet de renouvellement des effectifs des viandards va devenir négatif, un peu comme les taux de croissance en période de déflation.
Ce sera une excellente nouvelle, sachant que les animaux et les citoyens ne peuvent compter que sur le hasard et la maladresse remarquable des tueurs de l'aube pour se réguler eux-mêmes.
Alors j'ai quoi à te proposer aujourd'hui ?
Un chasseur qui a suivi exactement, comme un noeud, les consignes qu'il ne fallait pas suivre : faire feu alors qu'un camarade de jeu se trouve dans la ligne de mire.
Plus fort... Le chasseur a tiré en l'air !
Comment céti possible, tu vas demander ! La victime volait ? C'est Superman ?
En fait, l'artiste visait une palombe mais une partie des plombs est venue atterrir au passage sur le crâne du viandard (47 ans) qui se trouvait sur la même trajectoire.
L'aérodrome à mouches du type a été salement esquinté. Il est rapidement tombé (le chasseur, pas le crâne) dans le coma.
Aux dernières nouvelles, il serait entre la vie et la mort, au centre de neuro-chirurgie Gui-de-Chauliac.
C'est tout récent, ça date de lundi 19 octobre. C'était à Saint-Martin-de-Combes, pas très loin de Montpellier.

Tendus comme un string, ses deux neurones chauffaient. A la limite du breakdown. Une tension extrême pesait sur ses deux bouts de câble usés par la bibine et les graisses saturées.
A quelques encablures de la proie, ses boyaux de la tête s'activaient sérieusement : 10 mètres ? 50 mètres ? 100 mètres ? Devait-il prendre des précautions alors qu'il était si près de ces maisons ? *
Moins ? Plus ?
C'est beaucoup moins.
Quoique...Ya un doute...
Les vagues réminiscences des leçons apprises à jeun pour obtenir le permis de chasse contrariaient ses penchants premiers; il voulait tirer mais quelque chose lui disait que ça ne collait pas. Il faut plus de distance, quand on chasse à proximité des habitations.
La tête brûlante, les tripes 'out of control', il épaula.
C'est moins que ...100 mètres...50 mètres...Merde...Et alors ?
Plus de 50 mètres c'est pas possible, c'est pas du jeu...C'est trop difficile... Le règlement n'est pas aussi chiant...Dix mètres je veux bien...Et encore, c'est pas mal...C'est pas la mort bordel...Comment flinguer une bestiole aussi farouche si t'es loin ?
Eperdu, il tira. Les règles de la chasse, il leur pisse à la raie. Y'en a marre des interdictions...Et puis, pourquoi se gêner, pourquoi se gratter ? On est les puissants dans ce pays!
Ce tocard alluma un faisan à Thézan-lès-Béziers, rue de la Carriérasse, le dimanche 11 octobre, en fin d'après-midi.
Il faisait beau, il faisait chaud, les gosses jouaient dehors.
Il était venu en 4X4.
Ce chasseur fit feu à deux reprises alors qu'il se trouvait à 5 mètres d'une habitation.
5 mètres. Pas 150, faut pas pousser...Faut pas demander l'impossible à un viandard !
La malheureuse bestiole, qui n'avait connu que les grands espaces d'une cage grillagée **, s'en alla mourir un peu plus loin, dans la rue, pauvre faisan d'élevage qu'il était, destiné à crever sous la mitraille de tarés abrutis par le sang.
*Tout dépend des dispositions prises par les arrêtés préfectoraux mais en général, depuis bien longtemps, la distance de 150 mètres est la norme (je sais, c'est peanuts mais bon...)
**La cygénéculture, c'est un business qui se porte bien.

A l'appel du collectif d'associations et de citoyens unis contre la fourrure, une marche est organisée le samedi 24 octobre à Paris. Le départ est à 14h30, Place de l'Opéra.
Chaque année, 50 000 000 d'animaux meurent pour que leur fourrure serve à confectionner des vêtements et des accessoires de mode.
Cette période de l'année est propice à faire passer le message puisque de nombreux magasins vont exposer de la fourrure et que le consommateur désinformé risque de se laisser tenter.
En effet, derrière cette mode pouvant sembler glamour, se cache une industrie cupide, sanglante et cruelle.
Associations et groupes ayant confirmé leur participation :

L'intérêt de tout ça, c'est que ça leur passe l'envie de chasser à nouveau. Etant donné la baisse inexorable (de lièvre) des effectifs des viandards (l'âge, modification civilisationnelle des comportements...), les effets des accidents et bavures de la chasse peuvent conduire à alléger plus rapidement encore le poids de ces malfaisants dans la prédation ludique et alcoolisée.
Cet accident de chasse par exemple; il est suffisamment sérieux pour calmer, pendant un bon moment, toute velléité de retourner au massacre.
Ce qui, pour un chasseur âgé de 55 ans, est plutôt bon à prendre.
Le samedi 10 octobre, du côté de Vic-le-Comte (Puy-de-Dôme), au lieu-dit La Rochette, il a avalé une soupe aux plombs bien malgré lui.
Touché au bras et à l'oeil, il a été transporté au CHU de Clermont-Ferrand.
Les pandores pensent à un tir accidentel. Nous voilà rassurés.

Tout l'interêt du faisan d'élevage est qu'il n'a pas peur de la présence humaine et qu'il est quasiment incapable de... read more
on Bavure de la chasse à Thézan-lès-Béziers : je chasse et je t'emmerde